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Libye

Epstein, le Prince Andrew et la course aux milliards libyens

En octobre 2010, Epstein écrit à un collaborateur du Prince Andrew pour organiser un vol vers Tripoli et accéder aux milliards de Kadhafi. Neuf mois plus tard, Kadhafi est mort, et un nouvel intermédiaire propose à Epstein le même objectif, désormais gelé dans des banques occidentales.

En octobre 2010, Epstein écrit à un collaborateur royal : "i want to go to tripoli lets organize with pa" (EFTA02421931-0). PA désigne le Prince Andrew, alors envoyé commercial du Royaume-Uni. Le collaborateur répond le jour même : "Spoke to PA. Tripoli can be organised, he wants more details" (EFTA02421891-0).

Dans un fil séparé de juillet 2010, Andrew avait transmis à Epstein toute sa correspondance avec Terence Allen, banquier d'investissement basé aux Émirats chez Allied Investment Partners. Allen organisait un prêt de la Libye vers Dubaï d'environ "around 3 b" et avait dit à Andrew : "you need not be involved officially," que cela pouvait se faire "quietly and discreetly" si Andrew fournissait une référence (vol00009-efta00736900-pdf-0). Dans le même échange, Andrew désignait le bureau privé de Kadhafi comme "the private office of Brother Leader."

Quelques semaines après la demande pour Tripoli, Andrew écrit directement à Epstein : "I will call you later this evening after I have had my chat with my Libyan contact to see what we can arrange for you in Tripoli" (EFTA01795765-1). Le lendemain : "Tried to ring but left message. No joy through the hotel! Libya fixed. Call me whenever" (EFTA02417055-0).

Neuf mois plus tard, Kadhafi est mort. Son gouvernement s'était effondré sous les forces rebelles soutenues par l'OTAN au cours de l'été 2011. Le 30 juin, Gregory Brown, président de GlobalCast Partners LLC, écrit à Epstein avec une nouvelle proposition : atteindre le Conseil National de Transition avant tout le monde. La Libye disposait d'environ 80 milliards de dollars de fonds d'État gelés à l'international, dont 32,4 milliards aux États-Unis. Brown estimait le total réel, y compris les actifs détournés, à trois ou quatre fois ce montant.

L'offre avait une structure. Récupération d'actifs au succès, avec "10% to 25% as compensation." Brown écrivait disposer de "friends, formally with MI-6 and Mossad willing to help identify stolen assets and get them recovered" (EFTA01776887-0). Il invitait Epstein à voler avec lui vers Benghazi (EFTA01994452-0). Le 16 juillet : "you and I could end up being their go-to guys and make hundreds of millions if not billions in the process." Epstein avait répondu : "not simple" (EFTA01995819-0). Brown continuait d'envoyer. Epstein continuait de répondre, jusqu'au Sommet de Paris sur la Libye en septembre 2011 et jusqu'à la première élection post-guerre en août 2012.

Rien dans les documents n'établit que ces échanges ont dépassé le stade de l'email. Epstein n'est pas allé à Benghazi. Les actifs de la Libyan Investment Authority sont toujours gelés, toujours contestés entre gouvernements rivaux.

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